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Compte à rebours Décastar 2026

Pour célébrer les 50 ans du meeting de Talence nous vous racontons son demi-siècle d'histoire, de records et d'émotions…

Edition anniversaire du DECASTAR les vendredi 18 et samedi 19 septembre 2026 au Stade Pierre Paul-Bernard à Talence

Lettre d'information n° 3

1992 : Ce record qui n’a tenu qu’à un fil

Comme huit ans plus tôt, c’est un athlète meurtri qui arrive à Talence. Après la Californienne Jane Frederick en 1984, c’est Dan O’Brien, l’enfant abandonné de l’Oregon qui, un mois jour pour jour après le décathlon des JO de Barcelone, débarque à Talence en septembre 92. «Sur la pointe des pieds parce que je n’avais pas fait grand chose dans l’année, mais sûr de moi !» Au printemps, à La Nouvelle Orléans où étaient organisées les sélections américaines, O’Brien (26 ans), champion du monde l’année précédente à Tokyo écrase le décathlon avec son talent et son charisme qui en fait alors le challenger, pour la cote de popularité, de Carl Lewis aux Etats-Unis… Mais trois essais - ratés -  à sa première hauteur au saut à la perche, le poussent vers les tribunes pendant la fête olympique. « Je n’ai pas regardé les Jeux, je ne pensais qu’à Talence…que je ne connaissais pas. Ce n’était pas une revanche, cela n’existe pas en sport, je ne voulais pas battre l’un ou l’autre, mais je tenais à réussir le décathlon dont j’étais capable. »

Et cela a duré deux jours. Un ravissement permanent et total. Gestes amples et doigts écartés dans ses courses, signe d’une maîtrise absolue, buste haut et genoux bien levés, c’était Carl Lewis. Même allure, même port. A la remarque, O’Brien aura une réponse cinglante : « Lui ne faisait pas de faute ». A Talence, l’Américain s’envole en longueur (8,08m), piétine au disque -deux premiers jets ratés !-, se rassure à la perche (5m) et au javelot (62, 58m). « Il y avait du soleil, de la musique et plein de gens. Magnifique ! ». Douze bons milliers de personnes à qui il lançait des dizaines de tee shirts préparés par un sponsor. Restait la dernière épreuve, le 1500m pour achever la symphonie. Tout était prévu. Tout était réglé et orchestré et le jeune Sébastien Levicq devait assurer le rythme de la course pour entraîner l’Américain.

Lorsque les coureurs furent prêts à s’élancer, Pierre Darrière alors sur le terrain, se précipita vers le starter, interrompant le départ. « Si vous branchez le pistolet avec le câble du chronométrage électrique, ce sera mieux » glissa-t-il à l’officiel, sauvant ainsi un record du monde (8891 points) * qui fit tant pour la réputation du DécaStar et pour la gloire de Dan O’Bien, effaçant Daley Thompson et ses 8847 points des JO de Los Angeles (1984), ramenant aux Etats Unis, un record que l’athlétisme américain attendait depuis le sacre olympique de Bruce Jenner en 1976. On en oublia, dans cette douce et lumineuse soirée d’été faiblissant, que le champion olympique de l’année, le Tchèque Robert Zmelik était sur la piste - et le podium -, devant Alain Blondel, surgissant opportunément dans un 1500m qui lui allait si bien.

* (10.43 au 100m, 8,08m en longueur, 16,89m au poids, 2,07m en hauteur, 48.51 au 400m , 13.98 au 110m haies, 48,56m au disque, 5 m à la perche, 62,58m au javelot, 4.42.10 au 1500m)

Daniel Dion O’Brien dans les derniers mètres d’un 1500 m achevé dans la difficulté (4.42.10), avec un lièvre de luxe, le Normand Sébastien Levicq (21 ans), 7° avec 7498 points (Photo Décastar)

1994 : L’autre maison de Blondel

Un mois après un titre européen remporté à Helsinki (1994) avec 8453 points et un concours de perche surréaliste sous des trombes d’eau (5,40 m), Alain Blondel n’hésite pas un instant à défier Dan O’Brien qui aura bien profité de son séjour girondin pour arpenter les greens d’alentour, et Eduard Hamalaïnen, triple médaillé d’argent mondial (1993, 1995 et 1997). « C’était chez moi, je n’allais pas me dérober » explique Blondel. Parce que le Normand (32 ans) dit volontiers que la Gironde est sa deuxième maison. « En 1983, j’étais « un peu court » pour prétendre au Bataillon de Joinville afin de préparer les JO de Los Angeles et fut alors créé « une deuxième division », un pôle national à la BA 106 de Mérignac dirigé par Roger Grange et où je fus militaire (1983-1984) avec quelques espoirs français du 800m dont Bernard Mossant, aujourd’hui entraîneur de Bosse et de Tual, entre autres. C’était la première fois de ma vie où je m’entraînais trois fois…par semaine. Et je suis passé de 7100 points à 7750 ! J’ai tout connu autour de Talence : la découverte d’Arcachon, des lacs entre Gironde et Landes, la tuile pour mon premier déca’ sur mon stade d’entraînement (1986) quand je suis venu sans mes perches, persuadé que celles du centre d’entrainement me conviendraient. J’ai traversé trois fois le tapis à 4,60 m ! J’ai pourtant fait 7511 points sur neuf épreuves. Avec 4,90 m à la perche je pouvais prétendre au record de France (8306 points) de William (Motti). Mais Christian (Plaziat) était devant. »

Puis ce fut la succession de troisièmes places (1990, 1992, 1994 et 1995), points d’orgues de dix participations. « Mais ce qui m’a ravi, c’est d’avoir été un des éléments moteur de la transformation du déca’. Avec Michel (Queyraud), çà a changé de dimension. Le sport, sans qu’il soit altéré, pouvait être un spectacle. Tout était possible, c’était les années folles avec le public sur la piste, la musique pour les sauts… Il m’aura manqué une victoire mais je n’étais pas assez bon ou les autres étaient meilleurs que moi » sourit-il encore.

1994, c’est bien sûr la deuxième victoire de Dan O’Brien qui devenait alors le premier décathlonien à réussir trois fois plus de 8700 points dans une saison. Mais 1994, c’est aussi Heike Dreschler. Elle n’est pas encore l’une des plus grandes athlètes du siècle dernier, mais depuis son record du monde junior de la longueur, elle accumule les exploits : championne du monde de la longueur (1983) à 19 ans, puis dix ans plus tard, recordwoman du monde de la longueur (7,44 m en 1985) et du 200 m (21.71 en 1986), championne olympique de la longueur en 1992. Elle n’a plus eu le temps de revenir à ses premières amours, l’heptathlon dont elle détint, à 17 ans le record du monde junior (5812 points).

Une semaine d’entraînement à Arcachon avec son beau-père et son compagnon Alain Blondel, lui suffirent pour ces journées talençaises qui se veulent une belle récréation de fin de saison. « Ce que j’ai vu de plus beau, de plus abouti… Sublime. Irréel » confiera Pierre Darrière. Déconcertante de facilité, dotée d’une incroyable intelligence du geste, Heike Dreschler, empile les performances d’exception avec une aisance, une décontraction et des gestes justes, expliquant avec timidité et un discret sourire qu’ « il n’était quand même pas très facile dans certaines épreuves techniques de retrouver les automatismes adéquats. » Résultats incroyables : 13.34 (100 m haies), 1,84m (hauteur), 13,58m (poids), 22.84 (200m), 6,95m (longueur), 40,64m (javelot) et victoire sur 800m (2.11.53) pour une meilleure performance mondiale de l’année (6741 points). Un chef d’oeuvre.

(A suivre…)

1994. Heike Drescher (dossard 10) a fini son heptathlon avec une victoire dans le 800 m (2.11.53) qui lui permet d’être la meilleure performeuse mondiale de l’année, accompagnée d’Odile Lesage (à droite), 9° (5855 points) et de la Finlandaise Tina Rattya , 6° (6162 points) (Photo Fabrice Leclair)

Alain Blondel exulte après un jet à plus de 45 m dans l’exercice toujours périlleux du lancer de disque (Photo Décastar)

Dès 1990, le public est invité à s’installer sur la piste pour suivre les perchistes (Photo Fabrice Leclair)

LE CHIFFRE

Quatre

Le nombre de nationalités d’Eduard Hamalaïnen, double vainqueur du DécaStar (1995 et 1996) pendant sa carrière sportive : pour l’URSS jusqu’en 1991, puis pour la CEI (1992), pour la Biélorussie (1993- 1996) et enfin pouf la Finlande depuis 1997

 

ENTRE LES COULOIRS

Fin de semaine

En 1992, 1993 et 1995, le DecaStar avait eu lieu le vendredi et le samedi

Junior

En 1990, alors que l’Allemande de l’Est Klaus Beer et la         Soviétique Larisa Nikitina - recordwoman du monde en 1989 et première athlète à dépasser les 7000 points (7007 en 1989) -  n’étaient séparées que d’un point, la junior Nathalie Teppe terminait quatrième et battait le record de France (6113 points)

Première

A l’exemple du Weltklasse de Zurich (1928), d’Herculis à Monaco (1987), de Nikaïa à Nice (1976 ) et d’Athlétissima à Lausanne (1977), le meeting de Talence se trouve un nom, en 1991, le DécaStar

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